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Envers tous nos frères humains, y compris les dominateurs et maîtres (Rév d’Arès 28/21, 29/2, XXXIV/4, etc.),
nous avons un devoir d’amour. Envers tous les assoiffés de pouvoir,
comme les politiques, nous avons de surcroît un devoir de critique, de
doute et, quand nécessaire, de résistance. Parce que le destin qu’ils
nous imposent n’est pas le meilleur et pourrait même nous jeter dans le
vide.
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La France conjecture son prochain président de la république. Qui sera le prochain roi des rois noirs (Rév d’Arès X/6, XXIX/9, XXXI/12, etc.) ?
Le prochain politique au-dessus des politiques, des armées, des
administrations, des agents économiques, des industries ? Plus de
deux ans à l’avance, les partis planchent déjà sur la question et
portent toute la nation à y penser plus ou moins — Le roi noir est la contrepartie sans dieu du roi blanc, la religion, mais roi noir et roi blanc, c’est même cuisse (XXXVII/14), même esprit de système.
Les
Français, qui commencent à se rendre compte qu’on ne leur donne même
pas le choix des moyens de se gérer, sont bien contraints de toujours tirer la même queue de vache qui mugit (XXXV/2), de
recourir à la politique et la politique s’avère incapable de résoudre
les problèmes réels. La politique, qui s’est elle-même noué au cou une
énorme et lourde entrave de lois qui l’empêche d’avancer, n’a plus pour
agir que l’institutionnel, n’est plus qu’un muet qui lasse l’œil (I/2).
« C’est
parce que nous sommes mauvais, qu’il nous faut (encore) quelques
lois, » disait Tom Paine, un père fondateur des États Unis
d’Amérique, qui rêvait d’un pays d’où auraient disparu tous les
pouvoirs. « Il ne faut guère plus qu’un minimum de
gouvernement », disait 150 ans plus tard Hemingway qui haïssait la
politique (et plus encore la bureaucratie). Ainsi la politique
s’impose-t-elle par défaut. On la supporte par habitude et par inertie,
mais aussi par cette bizarre idée fixe qu’il n’y aura jamais
d’titleernative. La relève de la politique par la vie spirituelle se
fera encore attendre, puisque le petit reste, ce minimum d’hommes nouveaux requis pour un changement, est loin d’être prêt.
Le roi, toute forme de chef (Rév d’Arès 16/1), chef d’état ou autre, est déjà dépouillé de sa peau lourde, il est mis nu (Rév d’Arès XLV/24),
il n’est déjà presque plus rien et la question « Quel pouvoir
demain ? » s’est changée —mais qui s’en rend compte ? — en
« Quelle humanité demain » ? Mais personne parmi ceux
qui disposent des media : presse, radio, télé, édition, ne propose
de solution à ce problème. Ceux qui ont la solution, capables de monter sur le parvis du monde (2/16) pour la poser intelligemment (32/5), sont systématiquement privés de moyens de communication puissants. Le témoin de La Révélation d’Arès lui-même,
dont la vie décline sous l’âge et la solitude, n’a jamais en trente ans
trouvé la tribune pour porter devant l’univers ce problème fondamental.
Si la France, dont on annonce le déclin sur tous les tons, acceptait quand même le grand message, La Révélation d’Arès, qu’elle a reçu en 1974 et 1977, nul doute qu’elle pourrait jouer pour le monde le rôle de novateur de la société spirituelle.
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Les
Français ne semblent plus faire confiance aux politiques traditionnels
pour les sortir de la crise où, à l’évidence, ils s’enfoncent.
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Automne-hiver
2005. En France, les élections présidentielles de 2007 couvrent déjà
une bonne part de l’horizon politique. Le chômage, la concurrence
mondiale, les délocalisations, le prix lourd de la protection sociale,
la crise du pétrole qui annonce un chambardement énergétique, la dette
de l’état (près de 1.100 milliards d’euros), le poids des
fonctionnaires, les problèmes de santé, d’éducation, etc., tout cela
semble, dans l’état actuel des choses, dérisoirement subsumé en une
unique question fiévreuse : Qui sera le nouveau roi du pays ?
Cette fébrilité politique cache évidemment la dramatique vérité : Le nouveau roi, quel qu’il soit, ne résoudra rien des problèmes capitaux.
Les
moyens d’action de la politique semblent maintenant réduits au minimum
institutionnel. N’ayant rien de vraiment neuf à proposer, la politique
se focalise — ou détourne l’attention du public — sur le président à venir, l’espérance du roi fort (X/10),
d’un l’homme providentiel, bien dans la tradition historique, élu,
plébiscité ou porté par l’événement : Washington, Napoléon 1er,
Napoléon III, Clémenceau, Ataturk, Gandhi, Churchill, De Gaulle… La
question est de savoir si ça marchera encore. Parce que, si vous
observez de plus près ces hommes d’exception, ou bien il n’en est pas
resté grand-chose, ou bien ils n’ont été que des signes sur le cours
inévitable des choses. Les Français ne semblent plus faire confiance
aux politiques traditionnels pour les sortir de la crise où, à
l’évidence, ils s’enfoncent. Pire, le signe providentiel
serait-il à leur portée, ils pourraient être trop désabusés pour le
voir. La polarisation sur les élections présidentielles — au congrès du
parti socialiste à la mi-novembre on n’a parlé que de ça, ou presque —
ne traduit pas le souci réel du pays. Ça rassemble plus à un procédé de
media pour vendre : vendre un journal ou vendre le programme d’un
parti, c’est maintenant à peu près la même chose. La presse essaie de
rendre la question passionnante, par des petites phrases entendues,
certaines même assassines ou vengeresses, ou par les magazines people,
ce qui ennuie déjà tout le monde. Les Français, de toute façon, se
méfient aussi de leurs media : Chute des ventes des journaux,
recherche de nouvelles formules (Le Monde, Le Figaro), faillite de
France-Soir.
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Autrefois,
des politiques faisaient vibrer les foules avec de grands thèmes
humanistes, le combat pour les nobles causes, parfois avec un certain
sens eschatologique, un regard sur les fins dernières de l’homme.
Aujourd’hui le politique doit s’exposer aux ironies et méchancetés de
Faugiel ou se faire chambrer par Ardisson.
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À
droite, on parle beaucoup trop du duel « fratricide » entre
Sarkozy et de Villepin — Chirac, malgré les bruits parvenus de son
entourage, semble se retirer de la politique, usé par deux septennats
et affaibli physiquement (accident vasculaire cérébral) —. À gauche, il
y a foule au portillon de l’élysée : Hollande, Fabius, Lang,
Strauss-Kahn, Martine Aubry, Ségolène Royal, sans oublier Kouchner, qui
serait bien placé dans les sondages. Ou Jospin ? On ne sait pas
s’il écrit des livres simplement pour l’Histoire ou pour refaire
surface (« Le monde comme je le vois », Gallimard) en
justifiant son action passée et espérant qu’on le prie de revenir.
Bref, la politique montre le visage plus lifté et fardé que jamais du
carriérisme.
Le citoyen est perplexe ou dégoûté. La démocratie ne se porte pas bien,
oh non ! La débauche de candidatures s’explique plutôt par la
nullité générale. Aucun homme ne ressort du lot, tous croient avoir
leur chance. Mitterrand affirmait qu’il avait été le « dernier des
grands présidents » (Benamou, Le dernier Mitterrand,
Pocket) peut-être pas sans vanité, mais non sans raison. Chirac, qui ne
fut élu que par défaut, passe sa retraite politique à la tête du pays.
« Alors pourquoi pas moi ? » rêvent d’autres, sans
compter que la haute marche de la hiérarchie gouvernementale devient,
au passage, une rente intéressante. Le carriérisme devenu le moteur
principal de l’action politique, personne n’a vraiment compris le
renoncement de Delors lors de précédentes élections : Qu’avait-il
besoin de s’encombrer d’une analyse de ses actions passées pour évaluer
son mérite à postuler la présidence et ses chances de succès ? Les
Français, eux, ne semblent pas s’attarder à des évaluations. Ils
contemplent l’excitation des candidats de l’œil oblique de ceux qu’on
ne berne plus. Ils assisteront comme d’habitude aux face-à-face
télévisés, compteront les points sans passion, noteront les petites
phrases, ne s’émouvront pas des mensonges et des coups bas.
Droite ? Gauche ? Les vrais électeurs de gauche ou de droite,
qui votent « extrême », donnent leurs voix à des candidats de
petits partis aux chances très faibles. Leurs opinions, les seules
vraiment passionnées, ne comptent pas. Droite ? Gauche ?
C’est démodé : Vieilles voix dans la pente (Rév d’Arès XLV/2), point final, pense la grande masse électorale. Ce que nous pronostiquions dans ces colonnes il y a quinze ans.
En s’opposant, les candidats se donnent l’illusion d’avoir des choses à
dire. L’un annonce une rupture fracassante avec le modèle français,
s’offrant sans pudeur en sauveur qui sait manier le bâton de la
sévérité dont a besoin ce pays. L’autre relance le faux débat
libéralisme contre dirigisme — dont on se garde de prononcer le
nom ; on dit maintenant intervention de l’état —, recourt aux
discours usés de morale, de responsabilité, de solidarité, de liberté
et d’égalité. Les Français sentent bien que les vrais enjeux ne sont
pas là.
La communication people sur les déboires conjugaux, les vacances, les
prouesses et fraudes sportives (doping, corruption), la disparition des
petits commerces de village, la garde des enfants de divorcés, les
cosmétiques et le lifting, etc., font passer ces débats secondaires
pour d’essentielles disputes du siècle (Rév d’Arès 22/12). Il
faut faire oublier les vrais problèmes de fond. La stéréotypie du
discours politique le discrédite d’autant plus qu’il n’a presque plus
rien à dire. Autrefois, des politiques faisaient vibrer les foules avec
de grands thèmes humanistes, le combat pour les nobles causes, parfois
avec un certain sens eschatologique, un regard sur les fins dernières
de l’homme. Aujourd’hui le politique doit s’exposer aux ironies et
méchancetés de Faugiel ou se faire chambrer par Ardisson. Les grands
orateurs ont cédé le pas aux petits tâcherons du spectacle réglementé,
apportant sur les plateaux poeple leurs dossiers, leurs chiffres, leurs
programmes et leurs idées faussement neuves, que tout le monde connaît.
Impuissante à évoluer et à innover, par ailleurs assourdie par la
rouscaille qui surtend maintenant le tissu social tout entier, la
politique se rabat sur l’institutionnel, qu’elle a créé il y a des
lustres, mais qui doit maintenant faire l’événement par lui-même, et
encore ! Il fait l’événement à rebours, puisque c’est son
impuissance à changer qui, généralement, donne à l’institutionnel
l’actualité — Le système fiscal, le système éducatif, le système
ferroviaire, etc., sont des institutions qui ne font parler d’elles que
quand la politique veut les réformer et provoque des grèves monstres —.
Mais nous voulons surtout parler ici de l’institutionnel de base. Le trône n’existant plus que par et pour le trône, au profit des nouveaux marchands (Rév d’Arès XVI/4), qui marchandent leur soutien à ce trône : Les subventionnés, allocataires, syndicats, media, présentateurs télé, etc., les
« exploités » et autres « désintéressés » d’hier
auxquels sont reversées — mais sans retours sur l’économie, c’est là
que la nation s’épuise — les taxes énormes maintenant prélevées sur les
« exploiteurs », dont beaucoup s’épuisent, dégraissent,
délocalisent ou font faillite. La politique ne semble plus faire autre
chose que prendre l’argent des uns pour le donner aux autres. Même en
attendant de trouver, pour gérer la société, un moyen autre que la
politique, ce n’est pas l’idée qu’on se fait de la politique.
D’ailleurs, la vie politique française non seulement ne reflète plus la
nation, mais ne représente plus ni justice ni même raison. La
démocratie n’a presque plus de chair. Le squelette est encore assez
bien articulé, mais laisse voir ses vides. Les bronches du privé et les
bronches de l’état respirent mal et comme séparément. Ce qui reste de
sang à la nation est mal régénéré. Ses poumons étiolés, la démocratie
peine sous ses côtes. Qui peut avoir foi en cet organisme sans
énergie ? Comment envisager l’avenir et vaincre l’adversité sans
l’air frais de l’enthousiasme, de l’envie de travailler tous
ensemble ?
L’unique perspective du trône présidentiel, comme garant du pacte républicain, comme apollon musagète de l’avenir collectif français marque la fin même du roi, qui
nereprésente plus qu’un code de valeurs vénérées, le politiquement
correct, d’une France qui est comme redevenue louis-philipparde. Sa peau lourde enlevée, le roi n’illusionne
plus. Il ne s’illusionne sans doute pas lui-même. La plupart des
Français sentent que « quelque chose cloche là-dedans, » mais
quel moyen leur donne-t-on de mettre autre chose à la place ? Pour
passer à quelque chose de vraiment neuf, le dépassement de la politique
par la vie spirituelle par exemple, il faudrait d’abord pouvoir
l’envisager, ensuite pouvoir passer à l’acte. Il faudrait une
préparation spirituelle, que ne fait encore que balbutier ce petit reste, à peine audible, de femmes et d’hommes ayant choisi librement de mettre à la voile vers les rivages de la Vie (Rév d’Arès 19/2), que
l’on dissimule soigneusement à la nation, de toute façon. La
France entre dans un temps de rupture sans titleernative prête.
Essayons de voir d’un peu plus près le sentiment de nos compatriotes.
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> 78 % des Français pensent que leurs élus ignorent leurs problèmes.
> 76 % n’ont pas confiance dans leurs élus.
> 71 % en ont une mauvaise image.
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Dans
un « sondage choc », le quotidien « Aujourd’hui »
(Le Parisien) publiait le 10 octobre 2005, ceci : « 78 %
des Français pensent que leurs élus ignorent leurs problèmes. 76 %
n’ont pas confiance dans leurs élus et 71 % en ont une mauvaise
image. » Il n’empêche, ce sont ces politiques, dont on se défie,
qu’on va laisser prendre les décisions qui engagent tout le pays.
Souvenons-nous de la brillante idée des 35 heures ! La France
intellectuelle n’est pas en reste de la France populaire.
Les livres se succèdent, qui traitent du déclin français, de l’incurie
de l’état, de l’indigence de la classe politique. Fraîchement sorti,
« Le Malheur Français » de J. Julliard rebondit à sa
façon sur « La France Qui Tombe » de N. Baverez, essai
qui a lancé le courant du « déclinisme ». Frère de l’Aube
n°69 a rendu compte de « La Société de la Peur » de
C. Lambert. Dans « Comment Tuer l’État » C. Got
passe en revue pas moins de 22 grosses erreurs récentes de l’état,
considérées comme maladresses ou malfaisances. D’autres explorent de
nouvelles attitudes politiques, consécutives au désarroi actuel, comme
l’évoque ce titre éloquent de JP. Besset : « Comment ne
plus être progressiste sans devenir réactionnaire ? ». Sans
cautionner toutes ces analyses, constatons que leur point commun, à
quelques nuances près, est le souci de la nation (Rév d’Arès XLIX/3) face à l’avenir. Le pays va mal. Ses politiques sont incompétents. La confiance du peuple fond un peu plus chaque jour.
Le non du vote français au projet de constitution européenne en a été
une démonstration éclatante. La coupure du pays s’est alors révélée
évidente entre une classe politique, apparemment fière de son chef
d’œuvre constitutionnel, et un peuple de France qu’elle n’avait pas le
moins du monde consulté, le considérant sans doute incompétent ou assez
paresseux pour ne pas même ouvrir le document. Pourquoi alors lui
demander ensuite son avis ? Ce mystère demeure et par là même le
résultat ne surprend pas. Les Français, d’une part, refusèrent ce qui
ne pouvait qu’être refusé par des citoyens conscients de leurs
incapacité à analyser, peser, juger, une logorrhée textuelle dans un langage de juristes, un murmure étrange connu des seuls (Rév d’Arès 3/8) spécialistes.
Les Français, d’autre part, soupçonnèrent que, s’il fallait ajouter à
la constitution française une autre constitution, il y avait quelque
part entre les deux des contradictions ou des oppositions, une source
de débats juridiques sans fin. Donc, ont-ils décidé en substance, tout
cela est à revoir, prenons le temps de réfléchir ! Les Français,
généralement râleurs, souvent impulsifs, ont montré dans ce référendum
une prudence (35/10) que manifestent beaucoup moins
leurs élus politiques, qui déjà avaient augmenté un peu vite l’union
européenne de quinze à vingt-cinq membres. D’autres bourdes politiques
récentes avaient renforcé la méfiance des Français envers les élus et
le gouvernement, comme le « principe de précaution » — 3
millions de vaches abattues pour moins de dix morts en France — et les
« 35 heures » mettant à genoux l’industrie française, qui
avaient valu à Jospin l’échec cuisant qu’on sait.
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La
loi, les structures, les chefs n’apportent aucune conscience, ne font
pas grandir. Ils dressent les hommes à obéir et à craindre. Aucune loi
n’a permis d’éliminer le racisme, les préjugés, le mépris.
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L’inaptitude
et l’inefficacité politiques sautent aux yeux. On les a encore
observées au cours de l’embrasement des
« quartiers chauds » en novembre 2005. Passons sur la
présence de M. Sarkozy sur le terrain, faisant et proférant des choses
attendues d’un préfet de police ou d’un colonel de CRS, mais non d’un
ministre de l’intérieur, qui n’a pas aptitude à invectiver la
« racaille » et à définir la tactique policière, mais qui
doit voir le fond social de l’événement. Si tant est que le problème
soit spécifiquement social, ce que semble nier l’échec de toutes les
solutions politiques depuis un demi-siècle. Combien de
« politiques de la ville », de « plans sociaux »,
de « politiques de l’intégration », etc., de gauche ou de
droite ? Des milliards engloutis dans les cités populaires sans
résultat probant. Le problème semble évoluer plus vite que les
solutions. Peut-être parce que le problème est plus ontologique que
phénoménal et qu’il n’a pas de solution politique, mais seulement une
solution spirituelle. Alors, pourquoi ne pas le dire ? Parce qu’en
le disant la politique montrerait ses décevantes limites. Ce qui manque
partout, mais qui saute aux yeux dans les banlieues chaudes, c’est l’amour. L’amour pour ces frères humains qui sont, ou qui se croient, mal aimés, et l’amour de ces mal-aimés pour le reste de la société. L’amour,
au sens évangélique et non sentimental du terme, n’est pas un mot, mais
un devoir. Devoir qui devrait être celui de tout homme ou groupe envers
tout autre homme ou groupe (voir « Amour », Le Pèlerin d’Arès
1993-1996), mais la politique n’a pas aptitude à faire entrer l’amour dans les cœurs. La politique essaie de régler des dossiers à coups de subventions, de plans et de pressions, tandis que l’amour
naît d’une volonté d’essor existentiel, que la politique ne peut
qu’entraver — Et que la religion ne peut plus inspirer, parce qu’elle
est elle-même, depuis longtemps, partie prenante du système.
La responsabilité dans l’absence d’amour
généralisé ne revient pas au seul pouvoir politique. Tous les hommes
sont responsables — On a les politiques qu’on mérite —. Mais en rester
au constat d’une responsabilité collective serait exonérer le pouvoir
de sa malignité, flagrante quand le pouvoir empêche les hommes d’aller
les uns vers les autres, quand il leur fait croire que des mesures
structurelles peuvent les dispenser de l’effort de s’aimer et de
s’entraider sans intervention institutionnelle. La démonstration du
contraire ne cesse d’être faite. La loi, les structures, les chefs
n’apportent aucune conscience, ne font pas grandir. Ils dressent les
hommes à obéir et à craindre. Aucune loi n’a permis d’éliminer le
racisme, les préjugés, le mépris.
Le système montre son inefficacité chaque jour. Comment s’étonner que ses grands prêtres
soient visés ? Au compte de l’inefficacité on trouve aussi le
chômage. Le chômage est insoluble — il ne le serait que dans le
communisme intégral qui, on l’a vu, ne marche pas —, puisqu’il dépend
du nombre d’emplois disponibles, donc du nombre d’entreprises, dont
l’état n’est pas maître. Mais ici, à l’inefficacité la politique ajoute
encore une fois la malignité, parce que son silence sur l’insolubilité
du chômage vient de sa répugnance à lancer la recherche et la
construction, tellement urgentes, d’une autre société.
Combien de temps encore allons-nous rester assis sans rien dire, sans paraître voir que le créateur, lui, s’est levé pour nous appeler une nouvelle fois à changer le monde (28/7) ?
Si les pouvoirs se laissaient un peu oublier et permettaient aux hommes
d’aller plus librement les uns vers les autres, leur capacité de bien
nous surprendrait (voir Le Pèlerin d’Arès n°27 :
« Faim Chômage et Pouvoirs »). Ne voit-on pas à chaque
catastrophe une envie sincère d’aider (Tsunami, séisme géant du
Pakistan) ? L’argent ne vient-il pas au secours des grandes
causes (Téléthon) ? Que d’imagination, de créativité, de
générosité ne se révèleraient-elles pas chez des hommes plus libres de
leurs initiatives ? Même réduite à un faible lumignon, l’intelligence spirituelle (Rév d’Arès 32/5)
pourrait encore faire des miracles. Mais pour les pouvoirs tout ce qui
démontre qu’on peut faire mieux qu’eux est à écarter, sauf rares
exceptions. Les pouvoirs savent bien qu’en affirmant que la raison est
dans la « solution » de tous les problèmes par la loi, la
planification, la force, l’impôt, bref, par les seuls moyens
institutionnels, ils sont sûrs d’oblitérer dans la masse le courage,
l’amour, la créativité et la connaissance directe des hommes. Ils
voient bien, les élus et les gouvernants, que la grue du système, empêtrée dans ses trois pattes, ses trois ailes et caquetant de ses trois becs (Rév d’Arès XXII/1-3), monstrueuse de bureaucratie, de complications, de contrôles et de parler-pour-ne-rien-dire, peut tomber à tout moment pour ne plus se relever (XXII/20), mais
ils pensent sans doute que cela arrivera après eux. Ce ne sont pas ces
politiques qui admettront que le risque de la liberté absolue est
moindre que celui du système.
Ce n’est certes pas nous qui légitimerons les juges, parce que nous ne croyons pas que la justice soit dans les tribunaux — rappelez-vous la condamnation de Jésus et d’autres justes —. Nous
pouvons, néanmoins, nous étonner que le garant suprême de la justice en
France soit illogique envers lui-même, et envers tous les Français, au
point de refuser de se rendre de l’élysée à la convocation d’un juge
d’instruction. Par cette seule frilosité son inaptitude serait mise nue, si elle ne l’était déjà autrement. Giscard d’Estaing, ex-roi,
explique le non des Français au référendum sur la constitution, dont il
avait été le rédacteur, par une erreur dans l’envoi aux électeurs du
texte en cause — Selon lui une infime partie du document aurait suffi
—. Ces gens, l’un par une abstention que justifierait sa
« dignité », l’autre par une rigueur d’inspecteur des écoles
sanctionnant une erreur de distribution des épreuves, ne peinent jamais
à expliquer leurs propres défaillances. Au sentiment de défiance des
Français envers les politiques s’ajoute leur lassitude à contempler les
mêmes têtes, disant les mêmes choses, depuis quarante ou cinquante ans.
On entend certains traiter la France de république bananière. Il y a un
peu de ça. Chirac souligne la « fracture sociale », Raffarin
parlait de « France d’en bas et de France d’en haut ».
Hollande fait nargue de « la droite » en postillonnant pour
montrer qu’il est temps que les humains se retranchent « à
gauche ». Les politiques ont conscience d’une coupure dans la
société, notamment entre base et élus, mais cette conscience reste dans
les discours. L’ère de Mitterrand fut la dernière pendant laquelle on
pouvait écrire à un ministère ou à l’élysée et recevoir une réponse qui
fût une réponse. Les Français ne sont plus écoutés. S’ils l’étaient,
ils ne seraient pas compris. D’où dans la masse un repli sur soi. Il se
pourrait, en fait, que les citoyens souhaitent devenir leurs propres prophètes politiques (Rév d’Arès 28/5) (cf. Frère de l’Aube n°69, La Société de la Peur), comme le dit à sa façon le sondage du quotidien « Aujourd’hui » déjà cité.
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Urgente
est l’installation d’un laboratoire social, l’assemblée naturelle,
libre et spirituelle des hommes de bien, sur une période suffisamment
longue pour en développer et consolider les effets réels. Il n’existe
aucun raccourci, aucune titleernative.
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Un débat sur le fond ?
Les politiques sont prisonniers des a priori dont est fait leur lit. L’homme ne peut pas se passer de politique, affirmeront-ils toujours, parce que l’homme ne saurait changer.
Irrémédiablement faible et mauvais, il a besoin d’autorités pour le
guider. Pour son bien. La politique a repris en termes de morale athée
le thème millénaire du roi blanc : Tu es et resteras
faillible et pécheur, tu ne peux au mieux qu’espérer la miséricorde
divine qui passe par moi, la religion. Pour affermir la puissance
politique, c’est comme pour affermir la puissance religieuse : Des faussaires (Rév d’Arès 22/05) monteront
à la tribune, apparaîtront à l’écran, publieront, pour dire que la
démocratie libérale est la plus haute réalisation humaine.
Indépassable. Selon F. Fusiyama, intellectuel américain, elle clôt
l’Histoire (La fin de l’Histoire ou le dernier homme,
poche Champs/Flammarion). L’idée que la démocratie est le meilleur des
mondes s’appuie sur les désillusions du passé, l’absolutisme royal et
ses successeurs modernes, l’absolutisme fasciste ou communiste. On se
garde évidemment d’évoquer la possibilité d’une voie nouvelle. Mieux
vaut tenir les joies brèves (26/4) du système que courir les risques d’une nouvelle « aventure. »
Réduits aux « sciences politiques » ou, s’ils font quelques
écarts métaphysiques, à des espérances
« chrétiennnes-démocrates », les politologues ont évidemment
raison. Pour trouver une raison supérieure à cette raison-là il faut
envisager une autre voie : la vie spirituelle. C’est ce qu’est
venue prêcher La Révélation d’Arès.
Ce que ne peuvent pas voir les brillants analystes politiques dans le
réduit de leurs hypothèses rationalistes, c’est que le mal du monde
tient au péché. Péché désigne une notion dynamique
du mal, non morale, une orientation de l’homme qui le coupe de sa
propre divinité. Ce mal-là sévit en démocratie comme dans n’importe
quel autre régime. La démocratie connaît le mensonge, la guerre, la
pauvreté, le racisme, l’injustice, le crime, le vol, la violence,
l’insécurité et la corruption tout autant qu’une monarchie ou une
autocratie. Le procès de Saddam Hussein qui commence montre la
relativité de la justice démocratique : Celle-ci s’érige en
tribunal, tandis que dans les rues de l’Irak en voie de démocratisation
se déchaîne une violence qui n’avait jamais atteint ce degré et cette
horreur sous le dictateur.
Ce serait ça, la fin de l’histoire ? Les politiques
répondent : Oui, c’est ça, il n’existe pas de meilleur système
historiquement. La Révélation d’Arès
répond : Non, ce n’est pas ça, il y a beaucoup mieux à
faire ; la fin de l’histoire ne saurait être un cadre laïque
remplaçant tout bonnement l’antique cadre religieux et comme celui-ci
s’autodéclarant limite morale et sociale de tout, un cadre
archiréglementé par conviction d’attendre le summum de l’organisation
collective où chacun, croyant défendre ses « libertés
individuelles », défend jalousement ses opinions, ses biens, ses
privilèges, à l’ombre de la loi, des tribunaux et de la police, comme
il le faisait à l’ombre du clocher, du minaret ou des miradors. Il y a
certes progrès par rapport à la barbarie non réglementée, mais on est
loin des espoirs ou des réflexions que nous chantaient les
« utopistes » du passé, de Socrate à Fourier, en passant même
par Marx, qui envisageaient la fin de l’histoire de façon plus heureuse
et constructive. Les partis politiques ont oublié qu’ils puisent leurs
origines chez ces utopistes. Se croyant maintenant arrivés sur les
crêtes du monde, ils abâtardissent tout idéal transcendant.
« Du passé faisons table rase! » chante l’Internationale. Ce
n’est pas la moindre ironie de l’histoire que ce soit maintenant la
démocratie libérale qui rappelle tant bien que mal, même médiocrement,
les grandes espérances du passé.
Partant
des idées du « politiquement correct » démocratique tout
débat « de fond » déboucherait au mieux sur une réforme
des institutions. On changerait de république. Et après ? Dans un
premier temps, la peinture neuve aux frontons des édifices publics, des
hommes aux noms et visages nouveaux, réveilleraient l’espoir et
l’illusion d’un meilleur monde, leurs voix douces apporteraient d’abord un vent léger, nouveau, un peu d’air frais. Ensuite reviendraient vite le tonnerre de la loi, des gouvernements de fer, des revendicateurs obsessionnels, et donc les mêmes problèmes (Rév d’Arès 22/13),
parce que, comme disait Martin Luther King, « aucune nouvelle loi
n’a jamais changé un homme ». Simplement parce qu’il faut d’abord
qu’un nombre suffisant d’hommes, le petit reste et le reste, aient changé en profondeur.
Les grandes réformes ne changent pas les hommes plus que ne les
changent les révolutions. C’est bien ce qui rend urgent l’installation
d’un laboratoire social, l’assemblée naturelle, libre et spirituelle des hommes de bien (Rév d’Arès 16/4 & autres réf.), sur une période suffisamment longue pour en développer et consolider les effets réels — plus de quatre générations (Rév d’Arès 24/2) —, bref, les bans (représentations) du grand conseil (25/9) des hommes changés.
Il n’existe aucun raccourci, aucune titleernative. S’il faut un débat
de fond, ce n’est pas un débat sur les questions politiques — la
politique est une mer sans rive où l’on ne pêche pas (Rév d’Arès I/10) —,
c’est un débat général sur l’être, sur la raison de vie sur terre,
bref, un débat ontologique, auquel ne peut se livrer qu’une humanité
des profondeurs, particulièrement des hommes changés en bien, des hommes d’amour, de pardon, de paix, de liberté absolue et d’intelligence rénovée, sinon tout sera de nouveau faussé par les faux poids des vieux concepts philosophico-rationalistes.
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On découvre que l’événement surnaturel d’Arès et son message avaient, dès 1974, anticipé la nouvelle de cette dégénérescence.
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La France épuisée reçoit la visite du créateur, mais met du temps à l’entendre.
Comme tout père aimant (Rév d’Arès 12/78) partage les plaies de ses enfants (30/7-16) il souffre avec eux et pour eux, il les appelle à se guérir. Cet appel, c’est La Révélation d’Arès.
Voilà donc la France choisie comme interlocuteur par l’Autre monde.
Rien de moins. Encore faudrait-il qu’elle en soit consciente et pour
cela, qu’elle en soit informée. Or, plus de trente ans après, il
s’avère que la moisson, le travail de Mikal (le frère Michel, le témoin) et de ses frères
(les pèlerins d’Arès) n’a pas été suffisant pour sortir une nation
entière de l’ignorance de cet événement. Comme l’ont été depuis les
millénaires tous les mouvements prophétiques avant eux, ils ont été
discrédités, traités de secte. L’establishment a toujours nui
méchamment à ceux qui le dérangent. Passons ! Mais voilà que le
pays commence à présenter d’importants signes de faiblesse. Voilà que
s’exacerbent ses contradictions. Voilà que ceux qui le gouvernent
perdent presque tout crédit. Alors, on découvre que l’événement
surnaturel d’Arès et son message avaient, dès 1974, anticipé la
nouvelle de cette dégénérescence.
Le grand connaisseur du cœur humain rappelle l’existence d’un antidote absolu au mal qui ronge toute société, toute nation. C’est la pénitence. Un antidote encore jamais utilisé, sauf très ponctuellement par quelques hommes d’exception (Rév d’Arès 2/6-15), parce que le caractère extitleé qui avait été celui de l’animal pensant et habile (l’homme dans Rév d’Arès VII/1-4) avant qu’il fût créé spirituel (l’homme dans VII/5-6) a resurgi dans une confusion permanente entre la liberté absolue (Rév d’Arès 10/10) de la raison et les jouissance et passion absolues de dominer (Rév d’Arès 2/11), de mentir et de souiller (26/10).
Dans La Révélation d’Arès on trouve un sens de pénitence, que la religion a fait oublier, qui n’est pas le regret de ses fautes, mais la recréation de soi. Si l’humanité se refait bonne, elle résoudra ses problèmes. Cherchez le Royaume (la vie spirituelle, la vertu, le bien) et tout le reste vous sera donné de surcroît (Matthieu 7/53).
En s’entêtant à croire dans le système général du monde pécheur,
notamment dans la politique, les hommes risquent de franchir un point
de non-retour qui les prendra définitivement au piège (IX/8)
du mal. Enfermés dans la prison mentale qu’ils ont eux-mêmes créée à
force de rationaliser, au point d’avoir perdu jusqu’à l’instinct du
grillon, la corne du grille (XXXIX/13), par laquelle il communique, lui, petit insecte insignifiant, avec son créateur. L’humain doit se souvenir qu’il n’est pas fils du ver, c’est-à-dire qu’il n’est pas pure biologie, mais qu’il est fils de la buée de la bouche (XXI/5) du créateur. Pourquoi s’obstiner à chercher l’eau de la vie dans le puits sec de la politique où elle ne peut pas sourdre (16/13) ? Avoir oublié sa nature spirituelle, quel gâchis !
Comme il l’avait fait maintes fois depuis des temps immémoriaux, le Père de l’Univers (Rév d’Arès 12/4) se sentit tenu — parce qu’il se sentait en dette envers sa créature (XXVI/7) qu’il
avait créée spirituelle d’autorité, malgré elle — de parler à Arès à un
homme qui, dès ce moment et encore une fois bien malgré lui, représenta
toute l’humanité. Le gros problème immédiatement soulevé par ce fait
surnaturel, c’est que l’humanité s’est déshabituée des effusions du
créateur à tel point que ses représentants décisionnaires ne peuvent
plus du tout en tenir compte dans leurs analyses et réflexions. Le
créateur ne se manifeste ni par besoin de rappeler qu’il existe ni
moins encore pour faire une faveur à l’homme d’Arès ; sans son
souci d’un tournant critique de l’histoire des hommes, il ne serait pas descendu vers eux (30/1). Mais comment ceux-ci vont-ils tenir compte de l’avertissement ?
Et pourquoi cet avertissement passe-t-il par la France ?
La France disposait des conditions apparentes de liberté démocratiques nécessaires à la diffusion de La Révélation d’Arès, mais
elle souffrait silencieusement de l’épuisement de ses qualités humaines
et politiques historiques. Cet état d’épuisement, personne ne le
percevait très bien en 1974. La France avait beaucoup rayonné dans
l’histoire par son rôle dans la renaissance des arts et des sciences,
par son siècle des lumières, par sa révolution de 1789, par ses progrès
sociaux, mais elle avait aussi payé très cher sa participation aux
guerres les plus sanglantes de la planète. En 1974, pour gérer le pays,
la France ne disposait plus du réservoir d’hommes remarquables,
intelligents, créatifs et vigoureux, qui avaient longtemps fait sa
gloire. Elle payait les pertes effroyables des guerres de 1792-1814,
1871, 1914-1918, 1939-1945. Les peuples ne renouvellent pas de sitôt le
potentiel humain perdu dans les aventures sanglantes de l’histoire, où
toujours disparaissent les hommes les plus courageux et les plus
brillants. C’est dans cette France, que les Français ne sentaient pas
aussi humainement épuisée que le créateur ne l’avait sentie, que La Révélation d’Arès
apparut en 1974 et 1977. Ce n’est sûrement pas par hasard. « Ce
vieux pays d’un vieux continent » (de Villepin à la tribune de
l’ONU) est probablement susceptible de se montrer plus tôt que d’autres
parmi les nations développées, plus perméable à la parole du créateur.
Encore inconsciente du rôle universel qu’elle peut jouer à nouveau, la France continue de tracer son sillon avec cette sorte de somnambulisme du taureau devant l’araire (la charrue). Elle s’achemine comme avec fatalité vers une fosse (Rév d’Arès IV/5) au
bout du champ, avec les grandes œillères de la politique. Alors, en
attendant, ne sachant pas quoi faire de neuf, les Français continuent
de rouspéter, réclamer, exiger des interdits pour ceux-ci, des droits
pour ceux-là, revendiquer, dénigrer ses gouvernants. Peuple pétri de
contradictions que Jacques Julliard (« Nouvel Observateur »)
résume ainsi : « Nous croyons et nous ne croyons pas, voilà
notre malheur. Catholique et athée depuis toujours, la France est en
outre socialiste et individualiste, toujours prête à voter pour un
avenir radieux, dans l’intime conviction qu’il n’adviendra jamais. Nous
sommes les schizophrènes de l’occident. Et nous n’avons guère envie de
finir. » (Le Malheur Français). Cette schizophrénie bien française
fait partie des opportunités au changement, peut-être un autre critère du choix du père.
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Ce
n’est pas sans raison que, dès 1975, le frère Michel, commentant La
Révélation d’Arès parlait de nouvel exode : non celui des hébreux à
travers le Sinaï, mais celui d’une humanité de changement (Rév d’Arès
28/7) à travers une société résistant à tout changement, sans doute
plus hostile encore que le désert..
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Avenir de la France : Pourquoi pas un destin spirituel ?
On voit mal les Français qui, avec les Chinois, sont champions du monde
de l’athéisme, d’après l’UNESCO, s’orienter vers un avenir spirituel.
Toutefois, cette France, que menace une crise difficile, se trouvera
tôt ou tard confrontée à deux options. La première est la
« solution » simplificatrice de l’état supra-autoritaire
qu’on sent pointer, mais qui, l’histoire l’a prouvé, ne résoudra rien.
Le passage par ce pouvoir fort n’est pas improbable, puisque la parole
annonce que le roi fort vient (Rév d’Arès X/10),
mais il ne durera pas. La seconde voie serait en quelque sorte
l’inverse, un pouvoir éclairé, qui déréglementerait, désengagerait
l’état progressivement tout en assumant la transition de ses diverses
responsabilités parce que les citoyens ne redresseront pas
leurs faiblesses du jour au lendemain. Un pouvoir lâchant la bride
d’une « société bloquée » (Crozier, Points Seuil), libérant
ses forces créatrices, réinsufflant enthousiasme et dynamisme par
confiance redonnée à tous, tout en restant vigilant pour parer aux
éventuels coups de force ou aux dérives mafieuses. Ce ne serait un
pouvoir ni de droite ni de gauche, ce serait une troisième voie,
conscients d’assurer un passage, une période de transition vers l’ère
spirituelle. Assez difficile à imaginer eu égard aux scepticisme et
cynisme ambiants, mais, après tout, c’est bien en France que le
créateur a déposé sa Révélation d’Arès.
La fin de l’Histoire, de toute façon, ne serait pas proche pour autant. Ce ne serait tout au plus que le commencement des douleurs de l’accouchement (Matthieu 24/8), le
conditionnement politique du peuple français ne permettant pas
d’envisager la spiritualisation générale du pays avant un grand moment.
Cette seconde titleernative n’aurait des effets intéressants qu’après
une lente formation de nouvelles forces du bien surmontant peu à peu la
résistance des forces de l’habitude, des intérêts en place, et du mal
évidemment.
Ce serait, pour les pèlerins d’Arès, un nouvel exode, non celui des hébreux à travers le Sinaï, mais celui d’une humanité de changement (Rév d’Arès 28/7) à travers une société résistant à tout changement, sans doute plus hostile encore que le désert. Ce n’est pas sans raison que, dès 1975, le frère Michel, commentant La Révélation d’Arès parlait de nouvel exode. Comme il serait souhaitable que ce changement commence du vivant du prophète que Dieu a désigné en lui dictant son grand message à Arès ! Le prophète est bien plus que l’homme qui a vu Dieu (Rév d’Arès 37/3), il porte en lui un charisme exceptionnel. Il peut discerner ce qui est bon de ce qui est mal… ce qui est assez de ce qui est peu ou trop, ce qui est beau de ce qui ne l’est pas (12/3). Le pied bien planté dans la terre (Rév d’Arès X/19, XL/1), il reste réaliste, même si simultanément son front comme une étoile (X/15) jouit d’une vue d’ensemble universelle. Son œil voit dans la nuit (XXXVIII/4), il sait traduire les sublimes perspectives du Père en perspectives pratiques de proportions humaines.
La vie spirituelle est d’autant moins indépendante de la vie matérielle que l’enfant
spirituel que s’est donné le Père, l’homme, est de chair. Le créateur
de la vie spirituelle est aussi créateur de la vie biologique et
intellectuelle. Comme put être transfiguré Jésus (Marc 9/2-8),
peuvent être transfigurés la vie affective aussi bien que les
responsabilités sociales, l’économie, le travail et l’énergie. Comme le
frère Michel l’a dit en riant, s’il avait été un puits de pétrole, il y
a beau temps que les hommes auraient branché sur lui des pipe-lines. Il
est pourtant beaucoup plus que ça, puisque Dieu place en lui sa
confiance : justice de juste (Rév d’Arès XXXI/10). Son poumon a beau être du bois creux comme celui des autres hommes, quand il le frappe, il en sort le Vent (XXVIII/13-14) ; le bien est dans le creux de sa langue (XXXVIII/3) où le frère lit le vrai.
Jusqu’ici, l’atout qu’est le prophète, tant qu’il est vivant parmi nous, a été négligé. Ses frères eux-mêmes ne l’ont pas hissé à la hauteur d’un homme public. Ce petit reste s’est probablement senti, à tort ou à raison, trop faible pour lui faire un rempart (Rév d’Arès 29/2) contre calomnies, méchancetés et moqueries, celles des media, de l’establishment et tout autant du vulgaire, que La Révélation d’Arès dérange
ou ne touche pas. Pourtant, parce que c’est de France que le Père a
lancé son appel au monde, parce que cet appel est en français, parce
que le prophète est un citoyen français, la France s’est vu donner un
triple atout. Il faut dire que, pour beaucoup de Français, très lente
est la remontée des oubliettes où ont moisi si longtemps leurs
habitudes de croyance, de pensée et, bien sûr, de société. Un nombre
non négligeable d’hommes et de femmes a reçu favorablement La Révélation d’Arès, mais peu d’entre eux se sont encore concrètement engagés dans la pénitence et dans la moisson (mission).
Puisse la France ne pas en rester indéfiniment à ses chères habitudes
séculaires comme Israël en est resté aux siennes, ignorant toujours
Yëchou (le prophète Jésus). Israël, deux mille ans après que les
évangiles eurent été proclamées en Galilée et en Judée, erre encore
dans le désert de Moïse, n’ayant pas achevé son exode spirituel vers la
terre promise. Israël qui, de ce fait, démontre chaque jour qu’elle
n’est qu’une nation comme les autres.
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Acceptant
de passer pour un fou (XVI/1) face au sérieux des idées scientifiques
et politiques et du scepticisme général, le pèlerin d’Arès devra
inscrire sa foi dans toute réflexion sur les problèmes sociaux
concrets. Avec patience, il finira par inspirer confiance, il fera
passer dans les esprits un autre air, le parfum d’un sublime espoir de
monde changé. |
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« L’utopie arésienne ».
Ses perspectives : la Vie ! (Rév d’Arès 24/3-5)
Voilà des perspectives dont les politiques n’entretiennent évidemment
jamais les Français. Ils ne regardent pas dans cette direction ;
ils tournent même le dos à cet horizon-là (Rév d’Arès 25/4).
Plutôt que de faire la course le long des routes d’en-bas (7/1) qui mènent au trône, les politiques feraient mieux de lever les yeux vers les hauteurs (7/1, 26/1, etc.) et de répondre avec gravité et profondeur aux interrogations des Français. Ceux-ci attendent qu’on leur parle vrai avant qu’on ne les pousse au fond d’une vallée sans
issue. Dans ce débat, qu’attend la nation, la dimension existentielle
de l’homme ne devrait plus être absente, non plus que l’espérance
portée par les frères qui évangélisent par les rues, les
places, les campagnes, à savoir qu’on ne pourra pas indéfiniment
séparer le spirituel du rationnel et du matériel.
Il faut que « l’utopie arésienne » trouve sa place, comme
hypothèse, dans le débat public, même si c’est une petite place au
départ. Les pèlerins d’Arès ne sont pas des illuminés, mais des hommes
raisonnables qui savent que toute vie a besoin de temps pour prendre forme (Rév d’Arès 24/2), à
plus forte raison une utopie, même constructive — « L’utopie n’est
pas l’irréalisable, mais l’irréalisé, » Théodore Monod —.
Aujourd’hui simple espérance, La Révélation d’Arès postule
qu’elle est la réalité de demain. En ouvrant tout grand le champ des
possibles, elle est une utopie au vrai sens du mot. Les rationalistes
qui pensent qu’il n’y a rien à tirer d’utile de La Révélation d’Arès oublient qu’ils ont adulé des armées de faux prophètes (28/5),
philosophiques, idéologiques, politiques, que le monde a déjà oubliés.
Puisque les appels aux révolutions, aux théories ou aux lois nouvelles
n’ont pas rendu l’homme meilleur, pourquoi l’appel à l’âme et au cœur serait-il déraisonnable ?
Certes, on conçoit que pour les hommes scandalisés (28/4-15),
et d’abord scandalisés par la politique, l’heure soit à la méfiance
pour toute solution globale proposée. On conçoit la méfiance envers ces
merveilles auxquelles croient les pèlerins d’Arès, comme Éden reconstruit, comme une société sans chef et sans frontières, et, plus lointainement, comme la victoire sur la mort ou comme le Jour
de la transfiguration du monde, la fin de l’histoire et du temps, la
résurrection des morts. D’ailleurs, le doute n’est pas le sentiment des
seuls sansDieu ; le doute habite aussi le pèlerin d’Arès, comme
dit le frère Michel : « Le plus engagé des pèlerins d’Arès de
cette génération n’a jamais assez d’audace pour imaginer le monde
nouveau tel qu’il devra être, parce que la faculté de déculturation, de
déstructuration intellectuelle et sociale d’une génération, et même de quatre (24/2), n’est pas totale, » et il ajoute : « La déculturation est progressive. » (Le Pèlerin d’Arès 1989, Insurgeance).
Acceptant de passer pour un fou (XVI/1)
face au sérieux des idées scientifiques (la sociologie est une science)
et politiques et du scepticisme général, le pèlerin d’Arès devra avec
réalisme autant qu’avec courage inscrire sa foi dans toute réflexion
sur les problèmes sociaux concrets. Foi dont il sait bien qu’elle ne
« sera pas une marche triomphale mais une lutte de tous les
instants » (Le Pèlerin d’Arès 1989, Insurgeance). Alors, récompensé de sa patience infinie, il finira par inspirer confiance, il fera passer dans les esprits un autre air, le parfum d’un sublime espoir de monde changé. D’abord méfiants, les gens finiront bien par ne pas trouver si bête la bonté des frères, puis leur rêve de transcendance pour l’humanité. Ça rappellera aux foules quelque chose, un souvenir, d’un créateur plus proche d’elles qu’elles ne le croyaient (Rév d’Arès 1/11).
Comment
ces choses se passeront-elles exactement, et combien de temps
dureront-elles, pour les pèlerins d’Arès lancés dans l’entreprise
énorme qu’est faire prendre conscience à une nation entière de ses
forces surnaturelles endormies ? Personne ne saurait le dire,
puisque, tout comme le mauvais choix d’Adam (Rév d’Arès 1-5)
fut imprévisible, la résurrection de la spiritualité se fera
imprévisiblement. L’homme a été et restera toujours maître de sa
destinée, y compris et peut-être plus encore, dans ses extrêmes. En
attendant, la mission prophétique en France ne manquera sûrement pas de
parler au public, de mieux en mieux et de plus en plus fort, depuis le Mont qui a les pics, c’est-à-diredans le registre prophétique le plus digne et le plus élevé. Les chefs de la nation, qui ont le ver dans l’œil, et leurs guetteurs dont l’œil (ri)boule (XLV/10) sont
tombés trop bas dans le rationalisme et le scepticisme pour évaluer la
force et les possibilités d’une spiritualité montante. C’est pourquoi
ils pourront, faute de comprendre, chercher à éliminer le problème
comme d’autres à Jérusalem, voilà 2.000 ans cherchèrent à l’éliminer.
Mais on n’élimine pas la vie spirituelle, quand elle est authentique.
Elle sera la grande chance du pays et du monde. La France est invitée à
contribuer au retour des nations vers Dieu (28/21), c’est-à-dire à la disparition même de la nation au sens actuel de société encadrée, contrôlée, gouvernée, culturalisée, etc.
Puisque
l’humanité continue de faire son destin — la providence comme
soi-disant gouvernement du monde par Dieu n’existe pas —, puisque tout
demeure « rapport de forces », comme disait Marx, confirmé
sur ce point par La Révélation d’Arès, la spiritualisation
de la France, puis du monde, peut échouer comme elle peut réussir.
Question de poids de la volonté et de l’acharnement. Si la France
continue d’ignorer l’événement d’Arès, elle suivra un destin
d’extinction et finira par s’abîmer peu à peu, la médiocrité se
propageant, dans les fonds de l’histoire. Peut-être dans des
millénaires parlera-t-on alors des Français comme on parle aujourd’hui
des Philistins, un peuple auquel s’offraient de belles voies, mais qui
ne les a pas suivies. La réalisation de la prophétie d’Arès ne dépend
pas de la France, de tout façon, mais de l’humanité entière. Ce qui
aura échoué ici pourra reprendre ailleurs sur l’ère immense allouée à
la mission des pèlerins d’Arès (Rév d’Arès 5/5-7). C’est peut-être en Amérique du Sud ou, qui sait ? dans cet Irak aujourd’hui meurtri que le monde commencera de vraiment changer (28/7).
Mais quel que soit l’avenir, la mission tiendra comme l’abeille qui abrite son miel sous l’écorce (Rév d’Arès XII/6). Le décervelage — le déclin des hommes qui mangent leurs cervelles (XVI/8) — par un système politique sclérosé, aussi lourd et inerte que le bras que devient la langue du pendu (XLIII/13), constitue le risque majeur. Pourquoi vouloir un roi, devant qui s’incliner, quand on a un prophète qui n’est qu’un frère aîné (16/1), mais qui a la lumière ? Pourquoi ne pas se laisser aller à l’amour plutôt qu’à des spéculations sur qui légifèrera, qui fouettera, qui déclarera éventuellement la guerre ? Mikal, frère Michel, quoique pas plus visible dans ce monde contemporain qu’un vulgaire saule (XXXI/16), a
déjà bien montré qu’il pouvait voir très clair. Qu’il se présente aux
élections, diront les démocrates ! Ils savent bien, ces
hypocrites, que ne peut se présenter aux élections, avec quelques
chances, que l’homme agréé du système politique. C’est tout le débat
actuel, dont nous parlions au début de cet article. Les pèlerins
d’Arès s’emploient depuis quelques temps déjà à créer une brèche dans
la prison mentale de nos contemporains, leur faire envisager la
possibilité d’une autre voie que la politique.
Il est temps de renvoyer le souffle dans les voiles de l’Histoire.
Frère Claude
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